Le certificat de séjour UE en Bulgarie et son numéro ЛНЧ
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Un Français n'a besoin d'aucun visa pour s'installer en Bulgarie, mais au-delà de trois mois il doit se déclarer à la Migration. La démarche paraît légère ; elle se joue pourtant en bulgare, sur un dossier qui change selon votre situation, et c'est d'elle que sort le numéro que toute l'administration réclame ensuite.
La liberté d'installation européenne est réelle en Bulgarie : on passe la frontière avec sa carte d'identité, on loue, on s'installe. Elle a une limite que beaucoup découvrent tard. Passé trois mois, le séjour doit être déclaré, et cette déclaration a un nom bulgare qu'il vaut mieux savoir reconnaître au guichet : le certificat de séjour prolongé d'un citoyen de l'Union.
Ce n'est pas un titre de séjour au sens où on l'entend en Russie ou au Belarus : personne ne vous l'accorde, il constate un droit que vous avez déjà. Mais c'est lui qui porte votre ЛНЧ, le numéro personnel d'étranger, et sans ce numéro la Bulgarie vous reste fermée au-delà du tourisme.
Trois mois, et pas un jour de plus
La loi bulgare sur l'entrée et le séjour des citoyens de l'Union fixe le dépôt de la demande dans les trois mois qui suivent l'entrée dans le pays. Le compteur part du jour où vous avez passé la frontière, pas de la signature de votre bail.
Trois mois paraissent longs. Ils ne le sont pas : le dossier demande une adresse, des justificatifs et des traductions assermentées, et aucune de ces pièces ne s'obtient en un après-midi. Un papier manquant découvert dans la dernière semaine, et le délai est dépassé.
Tout commence par le logement
La démarche se fait auprès de la police des étrangers, qui dépend du ministère de l'Intérieur. C'est votre adresse qui décide du guichet compétent — et c'est pour ça que tout commence par le logement. Il faut un titre sur ce logement : une sous-location sans papier bloque tout le reste, exactement comme en Pologne pour le numéro PESEL.
Viennent ensuite les preuves du motif de votre séjour, leurs traductions par un traducteur agréé, le paiement de la taxe et le dépôt, en personne ou par un tiers muni d'une procuration en bonne et due forme. Dit ainsi, cela tient en une phrase. Au guichet, chacune de ces étapes a ses exigences de forme, et un document mal traduit ou une copie manquante vous renvoie à la case départ.
Un dossier qui dépend de votre vie sur place
La difficulté du certificat est là : il n'existe pas un dossier, mais plusieurs. Ce qu'on vous demande dépend de la raison pour laquelle vous vivez en Bulgarie.
Vous travaillez, pour un employeur bulgare ou à votre compte : le dossier s'appuie sur votre activité.
Vous vivez de vos ressources — retraite, revenus du patrimoine, travail à distance pour un client étranger. Il faut alors prouver à la fois une couverture santé et des moyens suffisants, avec des seuils précis et des preuves qui doivent couvrir toute la période demandée.
Vous étudiez : l'inscription ne suffit pas, les mêmes exigences de ressources et d'assurance s'ajoutent.
Les membres de la famille ont leurs propres pièces, traduites elles aussi.
Le certificat, la carte
Il existe deux supports, et on confond souvent les deux. Le certificat papier se délivre vite quand le dossier est complet. La carte est plus pratique au quotidien qu'une feuille A4 pliée, et plus lente à venir : le registre officiel des services administratifs bulgares, dans sa version du 1er octobre 2025, annonce trente jours en procédure normale et trois jours ouvrables en procédure accélérée, pour moins de vingt euros dans les deux cas. Ces tarifs ont été convertis du lev à l'euro et peuvent être révisés : ce sont les points qui bougent le plus souvent.
Certificat comme carte valent jusqu'à cinq ans.
Le ЛНЧ, ce qui sort vraiment du guichet
Sur le certificat figure votre ЛНЧ : un numéro de dix chiffres qui joue pour un étranger le rôle du numéro d'identité bulgare. C'est lui qu'on vous demandera ensuite, partout : à la banque, au registre du commerce si vous créez une activité, à l'assurance maladie et aux impôts, à l'école ou à l'université. C'est le numéro que vous taperez le plus souvent en Bulgarie.
Au bout de cinq ans de séjour légal et ininterrompu, un citoyen de l'Union acquiert un droit de séjour permanent, qui se matérialise par un nouveau document. Encore faut-il pouvoir prouver cette continuité le jour venu : ce sont les papiers des cinq années précédentes qui la démontrent, et ils se gardent dès la première.
Simple sur le papier, pas au guichet
Le certificat est, sur le papier, la démarche la plus légère des cinq pays où nous travaillons — et la plus facile à négliger, justement parce que rien ne vous y oblige le jour de l'arrivée. Mais c'est la seule porte vers le ЛНЧ, et donc vers tout le reste. Entre la langue, les traductions, les preuves de ressources et un guichet qui dépend de votre adresse, c'est une démarche qu'on gagne à faire accompagné plutôt que de la recommencer.
Si vous hésitez encore sur le pays lui-même, ce qu'on gagne et ce qu'on perd à vivre en Bulgarie pose le décor, et la page consacrée à la Bulgarie réunit les repères pratiques. Pour votre propre dossier, voyez comment nous accompagnons une installation ou posez-nous votre question : nous répondons en français.
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Bulgarie
La mer Noire, la montagne, et le coût de la vie le plus bas de l'Union.
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